Baptême de la Maison du dialogue social Claude MLECZAK
Discour de Philippe Vuilque
Nous sommes venus nombreux aujourd'hui pour rendre hommage à Claude en baptisant ce complexe social et culturel «la maison du dialogue social Claude MLECZAK»
Claude nous a quittés le 4 février 2011, à l'âge de 65 ans, en pleine puissance de vie. Un destin cruel, plus cruel d'être si imprévu et si prématuré.
Nous hésitons tous encore à admettre et à croire que cet homme ,que nous croyions si confiant et si alerte, soit celui qui repose dans l'éternel sommeil.
La commune a perdu un de ses serviteurs les plus fidèles et nous tous, habitants et amis, nous pleurons toujours le camarade, l'ami sûr et dévoué.
Pourquoi retracerais-je ici les étapes de la vie de Claude, elles nous sont connues à tous :
Il a passé sa jeunesse à Nouzonville où il apprend le métier de modeleur sur bois.
Il entre très tôt à la Jeunesse Ouvrière Chrétienne où il deviendra d'ailleurs le président fédéral. Il y connut Marie-Jo qui deviendra son épouse. De cette union naîtront deux filles, Cécile et Elise.
Dans les années soixante, Claude trouve une place de modeleur à Revin. Il adhère rapidement à la CFDT et participe activement aux manifestations de mai 68.
Fin 68, il entre chez Arthur Martin et y restera jusqu'en 2003. Il y attrape le virus du syndicalisme.
Syndicaliste, profondément engagé, il œuvre, sans relâche, pour la défense de l'emploi et les droits des travailleurs. Toujours au service des autres pour promouvoir une réelle justice sociale, prônant la solidarité avec pragmatisme, générosité et l'ardeur qu'on lui connaît.
Disponible et affable, Claude était un humaniste, défenseur des droits de l'être humain contre toutes les formes d'injustice, toujours ouvert aux débats, respectueux des opinions des uns et des autres.
Impliqué dans la vie culturelle de la ville, il est l'une des chevilles ouvrières de la création de l'AREL et de la salle Jean Vilar.
Une plaque a ,d'ailleurs, été dévoilée récemment à l'Espace Jean Vilar en souvenir de celui qui fut le promoteur et l'animateur des soirées cabaret «Au merle moqueur».
Claude était lui-même un artiste, écrivain, poète, dessinateur, musicien, compositeur et interprète. Il revisitait tout à sa façon, coup de cœur ou coup de gueule, son coup de crayon et sa plume emportait tout.
Chansons sur l'amour, l'amitié, l'Ardenne et les gens, le tout traité avec tendresse, colère et jubilation.
Il abordait tous les sujets, de la poésie pure et dure aux choses plus déglinguées, voire olé olé dans un vocabulaire parfois châtié.
Homme authentique et de conviction, il sut acquérir cette confiance qui ne lui a jamais fait défaut.
Ses talents de chanteur auraient pu le propulser vers une carrière professionnelle mais il déclina cette direction pour une raison, entre toutes, sublime et généreuse, c'est qu'il voulait rester fidèle à ses racines familiales.
Homme de cœur, d'esprit et de droiture, il savait distiller le réconfort d'une bonne parole suivie d'une bonne action. Oui il fut tout cela.
Nous l'avons perdu à jamais, l'ami sûr et fidèle qui d'un geste spontané, d'une phrase heureuse, d'un sourire où se reflétait la sensibilité la plus pure, savait donner pour ne plus reprendre.
A Marie-Jo, à Cécile et Elise, ainsi qu'à toute la famille qui sont devant nous, nous offrons toute notre respectueuse et affectueuse sollicitude pour leur permettre de supporter le choc du destin.
Je terminerai mon hommage par ces quelques paroles d'une chanson que Claude a écrite : «le jour s'en va» :
«C'est terrible quand les amis s'en vont et qu'ils partent s'installer ailleurs.
Difficile d'aller sans blesser ceux qui restent, il y faut beaucoup de cœur et beaucoup de tendresse.
On a vu des vins se changer en eau, désespérés de ne plus pouvoir célébrer l'amitié.
Les amis, qui s'en vont, nous laissent quelques fois comme des enfants punis et ne sachant pourquoi.
Leurs lumières ne nous éclaireront plus, leurs feux ne nous chaufferons plus.
Mais certains jours trop sombres, quand nous ignorons quelle place tenir dans le tumulte, que nous sommes égarés, ballotés, perdus …
Alors leurs lumières clignotent...
Ils sont toujours là et l'amitié allume ses phares :
çà brûle à Lille, à Nantes, au Havre
çà luit quelque part en Espagne, en Argentine
çà s'allume en Bretagne, en Savoie, dans le Doubs
çà clignote à Nice, à Montpellier, en Nouvelle Calédonie, en Isère, à Saint Sulpice, les feuilles...»
Vous trouverez tous ces textes de Claude dans un magnifique recueil intitulé «tu leurs diras, petit, tu leurs diras …», édité et vendu par l'AREL
Avant de dévoiler cette plaque, j'invite Marie-Jo à venir nous dire quelques mots
Merci
Commentaires