13 01 2011
Vœux Revin
Monsieur le Président du Conseil Général,
Mesdames et Messieurs les Conseillers régionaux et généraux,
Mesdames et Messieurs les Maires,
Mesdemoiselles et Messieurs les élus du Conseil Municipal jeunes,
Mesdames et Messieurs les Présidents d’associations,
Mesdames et Messieurs les autorités civiles et militaires,
Mesdames et Messieurs, Cher(e) s Amis,
Je souhaite d’abord vous présenter les excuses de Dominique RUELLE, Conseillère Générale et Maire- Adjointe, en déplacement à l’étranger dans le cadre de notre projet COMENIUS…
Monsieur le Préfet m’a également fait savoir qu’il ne pouvait être des nôtres ce soir. Comme vous le savez, il vient d’être nommé Préfet du Morbihan. Nous perdons un préfet qui s’est battu bec et ongle pour notre département et qui nous aurait été bien utile dans cette période difficile.
Merci à tous d’être présents, votre présence importante ce soir nous va droit au cœur. C’est l’expression d’une solidarité dont nous avons besoin.
Merci à Benoît HURE, Président du Conseil Général, d’être parmi nous. J’ai souhaité sa présence en ces moments difficiles et douloureux pour Revin mais aussi pour tout notre département car au-delà de nos appartenances politiques, syndicales, philosophiques, c’est d’une mobilisation générale pour l’emploi dont nous avons besoin aujourd’hui.
Merci à ma députée junior, Alexia HUBERT de l’école de la Cachette de Nouzonville d’être présente à mes côtés.
J’ai également souhaité à mes côtés les anciens Maires de Revin, Gérard ISTACE, Bernard DAHOUT ainsi que Daniel TITEUX dont le père Camille fut une grande figure de notre commune, présences symboliques marquant ainsi notre solidarité dans les difficultés.
J’ai souhaité également la présence des représentants des salariés de Porcher que j’ai rencontrés ce matin. L’un ou l’une d’entre eux prendra la parole pour nous faire part de leur état d’esprit.
Comme vous vous en doutez avant cette annonce de fermeture de Porcher et la suppression de 148 emplois, j’avais préparé un discours dans lequel j’avais prévu de vous parler des réalisations de l’équipe municipale en cette année 2010 parce que nous en sommes fiers. Je comptais vous parler du pont de St Nicolas, dont la maquette est présente dans cette salle, et de notre bagarre pour obtenir le financement. Un grand merci à nos co-financeurs, le Conseil Général, le Conseil Régional et l’Etat pour leur exceptionnelle participation.
Je comptais évoquer le dossier ANRU, qui grâce à notre pugnacité et à l’aide du Préfet, va probablement être co-financé.
Je comptais vous parler de nos réalisations, la création du cabinet médical, l’action du CCAS en faveur des familles en difficulté, notre politique en faveur des personnes âgées et des jeunes, du programme de réussite éducative PRE, du CUCS (Contrat Urbain de Cohésion Sociale) qui permet de financer de nombreux projets sans oublier notre participation culturelle toujours aussi dynamique et appréciée. Je voulais aussi vous parler de la mise en place depuis le 1er janvier de notre service d’accueil périscolaire et de notre projet pour 2011 de crèche dans l’ancien collège Briand.
J’aurais aussi pu vous parler des événements climatiques qui ne nous ont pas épargnés en 2010 : la tempête de juillet et la neige de décembre
Je souhaitais évoquer l’intercommunalité, sans esprit polémique pour dire qu’il fallait dépasser les querelles et trouver une organisation territoriale pertinente et performante pour préparer les défis de l’avenir, ce qui nous arrive aujourd’hui doit nous faire réfléchir et faire réfléchir l’ensemble des responsables politiques.
Je voulais aussi vous parler de l’activité parlementaire qui a été intense en 2010 et de ma fierté de participer au sein de la commission spéciale à la révision des lois bioéthiques.
Aujourd’hui, tout cela est un peu dérisoire face à la catastrophe qui nous touche.
Après l’abattement dont nous avons tous été frappés, j’éprouve aujourd’hui comme beaucoup d’entre vous, un sentiment de révolte
- révolte contre l’entreprise et ses méthodes indignes et inadmissibles,
- révolte contre un capitalisme privilégiant la rentabilité des fonds d’investissements à la stratégie de développement industriel,
- révolte contre une situation qui nous échappe,
- révolte parce que demain, si cela continue Revin sera une ville morte, un désert industriel.
Nous ne pouvons pas nous y résigner. Je ne m’y résigne pas.
J’en appelle donc à la mobilisation générale, trop c’est trop, nous n’en pouvons plus. Nous avons besoin d’aide, le bassin d’emploi a besoin d’aide, les Ardennes ont besoin d’aide et nous comptons sur la solidarité nationale et l’intervention des pouvoirs publics.
Nous devons redéfinir une véritable politique industrielle et obtenir les moyens qui vont avec.
Nous devons prospecter les secteurs d’avenir, les nouvelles technologies, la voiture électrique etc.… Nous avons une main d’œuvre qualifiée dont la compétence et le sérieux sont reconnus. A nous de nous donner les moyens même si cela prendra du temps de retrouver des emplois.
Je vais vous lire un passage d’un discours que vous allez peut être reconnaître, je cite :
« Je propose que l’Etat se donne les moyens d’investir dans les bassins industriels en difficulté pour les ré industrialiser en y développant des activités nouvelles. Je ne veux pas qu’on abandonne les Ardennes à leur sort. Je ne veux pas non plus qu’on en fasse le laboratoire d’une France sans industrie. Les Ardennes cesseraient de vivre et ce serait une perte irréparable, alors que quelques kilomètres de voies ferrées et d’autoroute suffiraient à les remettre au carrefour de l’Europe et à les désenclaver et qu’un pôle de compétitivité permettra peut-être de faire naître ici un jour la métallurgie du futur »
Vous l’avez reconnu ?
Ce discours, c’est celui tenu par l’actuel Président de la République à Charleville en décembre 2006. Il y a quatre ans.
Nous devons donc collectivement lui faire parvenir une « adresse » lui rappelant que nous sommes en attente.
Cette adresse, cette bouteille à la mer pourrait être signée par tous les élus responsables syndicaux et patronaux et portée en main propre au Président de la République.
J’ai, pour ma part, déjà saisi le Premier Ministre pour lui demander de recevoir l’ensemble des parlementaires ardennais afin d’évoquer la situation de notre département. Au passage, j’en profité pour dire que toute attitude, visant à tirer politiquement profit de la situation dans la circonscription, serait puérile, dérisoire et déplacée.
Dans les jours qui viennent, les salariés de Porcher auront besoin de notre soutien, je vous invite, si ce n’est déjà fait à signer la pétition de soutien qui se trouve dans le hall d’entrée.
Je sais que les salariés peuvent compter sur vous, sur nous, pour les soutenir dans les négociations qu’ils entament avec la direction d’Ideal Standard. Cette négociation doit aussi s’engager sur le devenir du site et sur son traitement, Ideal Standard doit faire face à ses responsabilités.
J’aurais souhaité une cérémonie de vœux plus joyeuse et même si la période est particulièrement difficile, je vous souhaite quand même mes meilleurs vœux pour 2011 .
J’invite Benoît HURE à nous dire un mot avant de céder la parole au représentant des salariés de Porcher.
Merci de votre attention 