Nicolas Sarkozy a t-il réellement l'intention d'engager des réformes de fond susceptibles de réconcilier notre pays avec l'avenir ? A bien considérer la méthode qu'il emploie à propos des régimes spéciaux, la réponse, à l'évidence, est non !
article signé de G.Gorce co-signé Philippe Vuilque
Nicolas Sarkozy ou l'anti réforme
Nicolas Sarkozy a t-il réellement l'intention d'engager des réformes de fond susceptibles de réconcilier notre pays avec l'avenir ? A bien considérer la méthode qu'il emploie à propos des régimes spéciaux, la réponse, à l'évidence, est non !
D'abord, parce qu'il a délibérément décidé
de placer l'État au coeur du processus, au détriment de la négociation sociale, invitée seulement à avaliser, et un peu à amodier, la volonté présidentielle.
Ensuite, parce qu'il a choisi un calendrier qui visait d'abord à déconnecter la discussion sur les régimes spéciaux du grand rendez-vous sur les retraites de 2008, quitte à laisser de côté au passage les sujets communs, comme par exemple la pénibilité, et à laisser penser que la crise des régimes spéciaux était à l'origine des déficits des régimes des retraites. Ce qui est loin de la réalité !
Enfin parce qu'il a placé, compte tenu de cette stratégie, les syndicats dits « réformistes », ou les leaders tentés par cette orientation, dans une situation impossible et qu'il a ainsi contribué à les affaiblir profondément. Ce faisant, il a pris le risque de se priver d'interlocuteurs responsables pour les prochaines étapes, montrant bien par cela même qu'il n'inscrit pas son action dans la durée. Ce qui importe pour lui, c'est obtenir un résultat médiatique, quelque soit le contenu de ce résultat.
Il est clair que Nicolas Sarkozy veut d'abord, non réussir une réforme juste et efficace, mais remporter une victoire politique. En témoignent ses multiples déclarations dans lesquelles il insiste sur le fait qu'il ne « cédera pas », montrant bien la nature de l'affichage qu'il souhaite réaliser.
Cette victoire, il pense en avoir besoin en raison de la faiblesse de la croissance, des tensions sur le pouvoir d'achat et du mécontentement lié au climat économique. Cette victoire n'a d'autre objet que de conforter son image. Elle n'est à l'évidence pas motivée par le souci de réformer en profondeur la société.
Une partie de la France croit avoir élu un président décidé à agir. Elle n'a en réalité à sa tête qu'un homme habile et déterminé seulement à servir sa propre cause.
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