La loi, qui sera votée cette année, comprend une réforme de l'intercommunalité. Elle a été lancée par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. L'objectif est que toutes les communes aient rejoint une interco au 31 décembre 2011. Sinon, les préfets pourront imposer la carte de la CDCI (1). Aucune ville ne devra être hors-interco au 1er janvier 2014.
Certains élus de la Pointe pensent que cette disposition passera à la trappe…
Je n'y crois pas, car c'est un des aspects de la réforme qui pose le moins de problèmes. Les débats vont se focaliser davantage sur les conseils et les conseillers territoriaux.
Pensez-vous que seule la loi vous permettra de rejoindre une communauté de communes ?
Je préférerais qu'on discute entre élus plutôt que de se faire imposer quelque chose par l'État. Je crois qu'il vaut mieux être intelligent collectivement qu'idiot individuellement. On est dans une démarche constructive, d'où l'organisation d'une conférence territoriale. On ne pourra pas reprocher à Revin de ne pas avoir fait le premier pas. Mais je rappelle que Revin et Anchamps sont des cas à part : on n'est pas en interco car on nous refuse, et non parce qu'on ne veut pas y être.
En quoi cela vous pénalise-t-il ?
L'exemple du pont de Saint-Nicolas est parlant. Patrick Devedjian a clairement refusé d'inclure sa rénovation dans le Plan de relance parce que Revin n'est pas en interco. Lui comme les préfets ou ministres que je rencontre n'en reviennent pas de voir la situation de Revin. Idem pour le groupe scolaire de la Bouverie : le conseil général refuse de subventionner ce projet hors-interco.
Comment expliquez-vous qu'en 22 ans, Revin n'ait jamais pu rejoindre la communauté de la Pointe ?
Revin a d'abord raté le coche, avant d'essuyer, depuis les années 90, les refus
systématiques d'Ardenne rives de Meuse. Mon prédécesseur Bernard Dahout, dès son élection en 1994, a demandé à intégrer le District : refus. J'ai fait la même chose à mon arrivée : refus.
Claude Wallendorff a redit qu'il était contre votre entrée dans Ardenne rives de Meuse…
Outre la dimension économique, la raison essentielle est politique : avec Revin et Anchamps, la gauche pourrait à terme devenir majoritaire au conseil communautaire.
Claude Wallendorff dirige tout et il craint un changement politique.
Je rappelle aussi qu'il est maire de la ville principale de l'intercommunalité, conseiller général du canton et directeur général de l'interco : sans remettre en cause sa probité, il y a là une confusion des rôles et un dysfonctionnement administratif inadmissible.
Pourquoi intégrer Ardenne rives de Meuse et pas une autre communauté de communes ?
Jusqu'en 1972, Revin faisait partie du canton de Fumay. On ne peut pas aller contre l'Histoire et les évidences : Revin est résolument tournée vers la vallée de la Meuse. On ne doit plus saucissonner ce territoire et les aides qui vont avec. Il y a aujourd'hui deux poids deux mesures. D'un côté on demande à Revin de participer à des projets qui couvrent toute la Pointe, en matière d'emploi notamment, et de cotiser à tous les organismes paracommunautaires. De l'autre on refuse que Revin intègre l'intercommunalité.
Qu'est-ce que Revin a à offrir à Ardenne rives de Meuse ?
Revin ne fera pas gagner d'argent à l'interco, c'est vrai. Mais une intercommunalité repose sur la solidarité et le développement territorial, il ne faut pas l'oublier.
(1) Dans les Ardennes, elle a demandé deux ans de travail à une commission composée d'élus des principales villes des Ardennes, du Département, de la Région, sous la tutelle du préfet (à l'époque Adolphe Colrat). Elle a été rendue en 2006.
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